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 Une vie ratée

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Syara
Chocolatière
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MessageSujet: Une vie ratée   Mer 8 Mar - 21:41

"Ben va falloir bosser maintenant, ma p’tite." C’était les seuls mots qu’avaient prononcé son oncle.
La tante Mathilde l’avait emmenée dans une chambre sous les toits. Une vulgaire paillasse gisait par terre.
"Voila c’est là que tu dormiras maintenant."
Syara fit la moue en découvrant la 'chambre'. La tante Mathilde le remarqua.

"Regarde moi !" Lui demanda-t-elle.
La jeune fille se tourna vers sa tante et ne vit pas sa main se rapprocher de son visage. Le choc avait été si violent que la gamine tomba.

"Et que je te reprenne p'u à ne serais-ce qu’essayer de faire la dégoûtée. Si tu es là aujourd’hui c’est grâce à nous. Tu devrais nous remercier."

Elle laissa là la petite qui ne retenait plus ses larmes. Lentement Syara se leva et se déplaça jusqu'à la paillasse. Elle s’allongea et essaya de calmer ses pleurs.


Depuis toujours elle avait cru qu’il serait là. A ses côtés. Mais aujourd’hui tout était différent. On l’avait retrouvé dans la rivière. Elle avait elle-même trouvé la lettre qu’il avait laissée.

"Je ne peut pas continuer… Désolé… Mauvais père… Adieu…" Quand les gardes l’avaient trouvée elle était assise sur une chaise et attendait. Depuis combien de temps était elle là ? Elle-même ne le savait pas. Tout en elle refusait son départ. Malgré ses quatorze ans elle avait compris la signification de la lettre, mais elle attendait toujours son retour.

Aujourd’hui tout avait changé. D’abord il y avait eu la confrontation avec les gardes. Puis l’arrivée à l’auberge. L’oncle Léonide avait assuré les gardes qu’il s’occuperait d’elle. Elle, savait pertinemment qu’il ne voyait en elle que de la main d’œuvre gratuite. La tante Mathilde par contre elle avait toujours été assez gentille avec elle. Pas au point de la considérer comme sa fille, non, bien sûr. Mais elle n’avait jamais paru antipathique. Et puis il y avait Laula leur fille. Elle servait déjà en salle avec sa mère. Les rares fois où Syara était venue avec son père Laula avait très peu sympathisé. Elle semblait toujours affairée à son travail mais ne manquait ni de l’amour de sa mère ni de l’attention de son père.
Et maintenant, elle revenait ici. Seule.


Elle s’était endormie.
Elle fut réveillée par des coups sourds frappés contre la porte.

"Debout gamine. T’es pas là pour jouer les feignasses !"
Syara se frotta les yeux. Se leva machinalement. Et descendit au rez-de-chaussée. Elle avait gardé les mêmes vêtements que la veille. Arrivée dans la grande salle, elle se retrouva nez à nez avec la tante Mathilde.
"Tiens va laver le sol." dit-elle en lui fourrant un seau et un balai dans les mains. "Et dépêche toi un peu, tu crois que t’as toute la journée ?"
Syara s’exécuta. Elle savait que la sanction, si elle ne le faisait pas, serait bien pire que la gifle de la veille.

Après avoir nettoyé la grande salle elle avait du aider sa cousine à faire les chambres. Celle-ci n’avait rien dit depuis son arrivée. Pas un mot. Pas une expression. Pas un geste. Rien ne trahissait ses sentiments pour la nouvelle venue. Contrairement à sa fille, la tante Mathilde ne laissait aucun répit à sa nièce. La reprenant à chaque geste malhabile ou chaque mot ou soupir de travers.

"Si tu n’est pas assez bien ici, on peut toujours te foutre dehors. Ça nous fera une bouche de moins à nourrir." Répétait-elle constamment.

Le soir était venu. Le bar avait ouvert et l’oncle Léonide se tenait derrière le bar tel un roi veillant sur ses sujets. Laula servait et la tante Mathilde était en cuisine.
Syara avait été embauchée pour servir elle aussi, mais contrairement à sa cousine elle n’avait pas l’habitude de cette tâche. Laula semblait virevolter entre les tables tel un papillon se posant sur une fleur. Son sourire ne la quittait jamais, et certaines remarques des clients lui arrachaient un grand rire cristallin.
Syara elle ne pouvait pas se résoudre à rire, déjà que son sourire était figé alors rire semblait impensable, ce qui lui valut des regards noirs et des remarques du tenancier.

Les clients eux aussi avaient remarqués la nouvelle serveuse. Et bien que Syara n’eut pas l’aisance de sa cousine pour servir, elle ne mit pas longtemps à s’attirer les faveurs de quelques poivrots.

"Alors la nouvelle, t’as pas envie de me servir un peu plus ?"
"C’est pas de la mocheté celle là, elle rivaliserait presque avec ta fille Léonide ! T’es allé la pêcher où celle là ?"

Tout se passait bien jusqu’au moment où l’un des clients un peu trop éméché eu la main un peu leste. Syara sentit l’homme glisser sa main sous sa jupe et lui toucher les fesses. Par réflexe la main de la jeune fille partit en direction du visage de l’entreprenant. Pourtant ce ne fut pas la main qui heurta l’opportun mais le plateau qu’elle tenait fermement.

Un grand silence s’installa dans la salle. L’oncle Léonide, était devenu rouge. Tel un bœuf il semblait enfler. Syara ne savait plus quoi faire. Devait elle fuir ? Rester ? Quoi qu’il en soit le tenancier se ruait sur sa nièce et le client qu’elle avait frappé. Laula était arrivée elle aussi, elle aidait le client à se relever et jetait des regards noirs à sa cousine.
L’oncle Léonide était arrivé auprès du petit groupe et sembla soudain remarquer que toute la salle semblait figée.

Il rugit.
"Tournée générale !"

Puis plus bas il ajouta à Syara "Toi tu va m’attendre dans la chambre qui est libre en haut de l’escalier. Et gare à toi si je suis obligé de monter avant que cette affaire ne soit réglée."

Mécaniquement, la jeune fille était montée. Elle s’était assise sur le lit et attendait son oncle.
Pourquoi restait elle ici ? Elle ne voulait pas de cette vie. Mais comme le disait sa tante elle n’avait nul part où aller. Surtout pas seule et sans rien.
Elle entendait la rumeur de la salle en bas. Puis elle entendit les marches craquer. Des voix. Quelqu'un se tenait derrière la porte.
L’oncle Léonide ouvrit et entra dans la chambre, seul.

"Alors comme ça tu te prend pour une princesse ?" Il leva le bras et l’abattit sur la petite. Le choc avait été encore plus violent qu’avec sa tante la veille.
Syara se retrouva au pied du lit, a genoux. L’oncle défit sa ceinture et l’utilisa comme un fouet. La gamine reçut plusieurs coups sur le dos, chacun déchirant sa chair, chacun lui arrachant un cri de souffrance. Les pleurs étaient venus dès le premier coup. Lorsque le bourreau eût jugé suffisants les coups de ceinture il se mit au niveau de sa nièce et lui attrapa les joues, serrant bien fort pour l’empêcher de bouger.


"Maintenant tu va obéir. T’es pas ici pour t’amuser et je ne te pardonnerai aucune autre faute de ce genre. Bien sur il va falloir que tu t’excuses auprès du vieux Jarold, celui que t’as frappé. Tache de faire tout ce qu’il te dira je veux qu’il soit content de toi. Si jamais il ne l’était pas…" Il laissa sa phrase en suspens, mais Syara n’était pas dupe elle savait ce que signifiait cette fin de phrase.

Ce qu’elle se demandait, c’est si le vieux Jarold allait revenir à l’auberge après ce qu’elle lui avait fait. Son oncle se leva et se dirigea vers la porte. Lorsqu’il l’ouvrit elle comprit. Il était là. Le client qu’elle avait frappé. Il discutait à voix basse avec son oncle et la regardait en souriant.

Lorsqu’il entra elle entendit son oncle fermer la porte à clé derrière eux.
L’homme s’avança vers elle. Ses cheveux longs et gras tombaient sur un visage laid. Sa barbe de trois jours accentuait encore l’aspect malsain de ses yeux. Un sourire flottait sur son visage. Syara s’était relevée. Il s’était posé devant elle, la poitrine touchant son torse.
Il l’attrapa par les cheveux et la jeta sur le lit. Par des gestes brusques mais maîtrisés il déchira sa robe et retira ses propres vêtements. Syara essayait de le repousser mais l’homme était fort. Trop fort pour elle.
La nuit fut longue et Syara pleura beaucoup.
Cette nuit fut la première mais malheureusement pas la dernière.

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Dernière édition par le Lun 13 Mar - 2:29, édité 1 fois
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Syara
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MessageSujet: Re: Une vie ratée   Lun 13 Mar - 2:20

Quelques mois s’étaient écoulés depuis son arrivée à l’auberge. Jamais son oncle n’avait relâché la pression qu’il imposait à sa nièce. Toujours, la tante Mathilde trouvait un moyen de la rabaisser durant ses taches journalières. Jamais Laula n’avait esquissé un geste envers elle pour la soutenir.

Durant ces mois Syara avait appris à servir dans la grande salle. Elle avait appris à supporter les clients. Même les plus odieux. ‘Le client a toujours raison’ avait tonné un jour l’oncle Léonide.
Le vieux Jarold était revenu, souvent. Mais il n’était plus le seul. L’oncle avait compris que sa nièce pouvait lui rapporter gros. Et certains soirs il appelait Syara au comptoir. Il lui disait simplement de monter. Elle s’exécutait.
Elle savait que les représailles se faisaient de plus en plus violentes à chaque nouvel écart.
L’homme en général montait, profitait d’elle, puis repartait sans dire un mot.
A chaque fois, la petite pleurait. Jamais il ne s’arrêtait ou ne s’inquiétait de son chagrin.

Comme si rien ne suffisait l’oncle Léonide avait lui aussi décidé de profiter de la jeune fille. Certains soir il montait à la suite d’un client et violait sa nièce. Syara redoutait toujours ces moments.


Un soir pourtant un homme entra dans le bar. Il portait une grande cape avec une capuche rabattue sur son visage.
La pluie qui tombait dehors faisait ruisseler le tissu. Lorsqu’il retira la capuche, elle vit son visage. Elle frissonna.
Ses yeux noirs semblaient la transpercer. Ses longs cheveux bruns tombaient en cascade sur ses épaules. Il avait tout du gentilhomme.

Le cœur battant à un rythme inhabituel elle s’avança.

"Vous désirez ?"

"Un verre de lait et une chambre."

Syara le regarda avec des yeux ronds.
"Un verre de… de lait ?"

L’homme confirma sa commande sous les yeux médusés de la jeune fille.
Lorsqu’elle retourna au comptoir avec sa commande. Son oncle jeta un regard au nouvel arrivant.


"Humpf et tu dis qu’il veut une chambre ?"

Syara retourna servir l’homme qui ne l’avait pas quittée des yeux. Elle continua de servir sentant toujours le regard de l’homme posé sur elle.

Plusieurs fois elle se prit à espérer, comme dans ses songes, qu’il était le prince qu’elle attendait et qu’il l’emmènerait loin de cette prison. Lorsqu’il se leva pour prendre congé, il la salua d’un geste vif et se dirigea vers le comptoir pour régler la chambre et la boisson.

Peu de temps après, alors qu’elle revenait au comptoir son oncle lui dit de monter, qu’il l’attendait. Tout sombra en quelques secondes. Malgré une beauté inhabituelle pour un client du bar, le sauveur qu’elle avait espéré n’était au final qu’un rustre comme les autres.
Une larme coula sur sa joue alors qu’elle montait les escaliers. Elle fit une pose devant la porte et essuya ses yeux. Doucement elle posa sa main sur la poignée et tourna.


L’homme lui tournait le dos, il regardait par la fenêtre. Visiblement la pluie tombait toujours dehors.

"Bien… que voulez vous ?" demanda la jeune fille sans essayer de cacher sa déception à la vue de l’homme.

Il se retourna vivement, visiblement surpris par la présence de la petite.
"Bien j’ai cru comprendre par vos regards que je vous intéressais… Il se reprit et ajouta précipitemment.

Si je me suis trompé je m’en excuse, je ne voulais pas vous blesser. A vrai dire j’ai surtout besoin de parler. Il la fixa intensément.
Et visiblement vous aussi."

Syara n’en croyait pas ses oreilles. Cet homme avait besoin de parler et il savait qu’elle était mal elle aussi. Comment avait il pu deviner et surtout pourquoi s’intéressait-il a elle?

Il s’assit au bord du lit et lui fit signe de le rejoindre. Syara fit alors une chose qu’elle n’avait pas fait depuis qu’elle était arrivée dans cet endroit. Elle lui fit confiance.
Après quelques petites hésitations il se lança et lui raconta son histoire. Elle l’écouta sans mot dire et finalement elle se prit à lui raconter, elle aussi son passé.


Syara se réveilla au petit matin dans les bras de l’homme. Cet homme qui n’avait pas abusé d’elle comme les autres. Cet homme qui avait eu un comportement protecteur avec elle. Cet homme que, elle le savait maintenant, elle aimait.
Elle ne bougeait pas, de peur de briser le doux rêve dans lequel elle se trouvait.
Elle savait que l’homme devrait partir. Elle savait que cet instant de bonheur ne serait qu’éphémère. Que lorsque cet homme se réveillerait elle retournerait à sa vie misérable.

Un mouvement.


"Non, non. Faites que cela dur encore un peu s’il vous plait."

L’homme était parfaitement réveillé maintenant. Syara faisait semblant de dormir. D’une main délicate l’homme repoussa une mèche de cheveux tombant sur le visage de la jeune fille.
Elle ne put feindre plus longtemps son sommeil et ouvrit les yeux. Il souriait. Syara lui rendit son sourire. Aucun des deux n’osait prononcer de parole.

Une voix s’éleva dans le couloir.


"Syara ! Sors d’ici vite." C’était Laula.
La jeune fille se leva à contrecœur et se prépara à sortir quand l’homme lui attrapa le bras.

"Ne vous inquiétez pas je vous fait la promesse de vous sortir d’ici. Je ne peux rien faire pour le moment mais je vous en donne ma parole… Je… Je vous aime." Murmura l’homme. Puis dans un sourire il la laissa partir.
Elle retrouva Laula dehors qui l’attendait. Syara lui jeta un regard interrogateur. Laula s’expliqua avant qu’elle n’ait pu poser la moindre question.


"J’ai entendu que tu n’était pas sortie de la chambre comme à l’habitude. Alors j’ai préféré venir te chercher moi-même plutôt que ce soit Lui qui vienne te chercher ça évitera des problèmes."


Depuis ce jour là. Monsieur Bastien avait élu domicile à l’auberge. Il restait ‘Pour des affaires importantes’ disait il. L’oncle Léonide ne voyait pas cet étranger d’un très bon œil mais puisqu’il payait bien pourquoi le jeter dehors ?
En plus il payait chaque soir pour passer la nuit avec la petite. Enfin elle s’avérait rentable celle là.

Cela faisait près de cinq semaines qu’il était arrivé. Plusieurs fois Syara lui avait demandé comment il se procurait l’argent pour payer l’auberge et… le reste. Mais chaque fois il réussissait à détourner la conversation. Tout comme il lui répondait évasivement qu’il ne pouvait se permettre de simplement s’enfuir avec elle.

Un soir alors qu’elle montait dans la chambre elle réalisa que quelque chose la dérangeait depuis quelques jours. Elle monta les dernières marches plus vite qu’elle ne l’aurait voulu et déboula dans la chambre en claquant la porte derrière elle.

"Bastien. Je… Je crois que… que tu… nous… J’attends un enfant !"

Bastien resta interdit puis s’élançât vers elle le sourire aux lèvres.

"C’est vrai ? Tu es sure ? C’est magnifique !"
Il la prit dans ses bras et la serra contre lui.

Tout malheur avait déserté les pensés de Syara. Elle ne pensait plus qu’a une chose : Elle allait donner la vie.
Mais Bastien la ramena à la raison.


"Et ton oncle ? Que va-t-il dire ? Il sera furieux si il apprend la nouvelle."
Le silence se fit dans la chambre. Bastien réfléchissait et Syara était anéantie.

"On ne peut pas rester comme ça Bastien !" lâcha Syara dans un sanglot.

L’homme restait silencieux visiblement il réfléchissait a une solution pour contourner la colère de l’oncle. Finalement il sembla se décider et regarda Syara.

"Cette nuit, nous partons. Mais pour cela il me faut préparer certaines choses. N’aie crainte je reviendrai vite. En attendant va trouver ta cousine et demande lui de l’aide.
Voyant que la petite allait protester il la fit taire d’un doigt posé sur ses lèvres.
Je me suis longuement entretenu avec elle et elle t’aidera crois moi."

Il prit sa cape et sortit d’un pas pressé. Syara resta un moment immobile. Debout au centre de la chambre elle se remémorait les dernières paroles de son amant.
Puis après quelques minutes elle se rendit silencieusement jusqu'à la chambre de Laula. Elle frappa à la porte et murmura

"C’est Syara ouvre j’ai a te parler." La porte s’ouvrit quelques instants plus tard laissant apparaître le visage soucieux de Laula. Sans lui laisser le temps de dire un mot Syara s’engouffra dans l’ouverture et referma derrière elle.

"Il m’a dit de venir te voir, nous allons partir… cette nuit. Je… Laula… j’attends un enfant !"

Laula resta silencieuse, elle ne sembla pas partager la joie de sa cousine. Elle se contenta de prendre une cape et fit signe à Syara de sortir discrètement. Ce ne fut que lorsqu’elles furent arrivées dehors que Laula lui adressa la parole.

"Il m’a prévenue que vous partiriez un jour. Mais je ne pensais pas que ce serait ce soir." Souffla t elle.
"Il m’a dit que si cela arrivait nous devrions l’attendre ici et qu’il viendrait te chercher."

Sans dire un mot de plus Laula et Syara attendirent. La nuit avançait progressivement et le froid se faisait de plus en plus intense.
Toute la nuit elles attendirent ainsi. En vain.
Aucun passant, aucun cheval, aucune voiture n’apparut dans la rue.

Peu avant le lever du jour Laula prit le bras de sa cousine. Sans bruit elle la tira vers l’intérieur du bâtiment. A contrecoeur Syara suivit sa cousine dans les étages.
Laula l’emmena dans sa chambre où elle lui parla longuement. Syara n’écouta pas un mot du long monologue. Elle tendait l’oreille pour essayer de percevoir un bruit quelconque mais rien ne montait jusqu’aux étages.

Le réveil fut plus brutal qu’a l’accoutumé. Lorsqu’elle descendit dans la grande salle Laula avait elle aussi le visage fermé. Comme à l’habitude Syara prit son seau et commença son travail quotidien.
Peut après 10heures. Deux hommes en uniforme se présentèrent à la porte de l’auberge.

Syara lança un regard interrogateur vers sa cousine qui lui répondit par un haussement d’épaules. Elle continua de laver le sol tout en prêtant une oreille à la discussion qui s’installait entre les deux hommes et l’oncle Léonide.

-Nous enquêtons sur un certain monsieur Bastien. On nous a dit qu’il logeait chez vous.

-Ah ben oui on avait bien un client de ce nom là mais il est parti hier soir. Répondit l’aubergiste.

-Il a été retrouvé égorgé dans une ruelle non loin d’ici.


Un grand fracas se fit entendre dans la salle vide. Syara avait renversé son seau. Elle regardait les deux hommes en uniforme qui s’étaient tournés vers elle.
Le temps semblait figé.
Son corps ne répondait plus. Dans sa tête elle réentendait la phrase à l’infini. Egorgé… dans une ruelle non loin… égorgé.
Lentement elle fixa son regard sur son oncle. Il souriait. Comme pour répondre à ses questions, il leva discrètement le pouce et le passa sur sa gorge.
Les gardes lui tournant le dos ne virent bien sur pas son geste.

" Tout va bien mademoiselle ?" demanda l’un des gardes.
Syara sentait le cri monter dans sa gorge. Tout son corps était paralysé.

Il l’avait assassiné. Il l’avait fait tuer. Son seul espoir était mort.
Mort.
Une douleur fulgurante lui perça la poitrine. Ses forces la quittaient. Elle hurla et tomba sur le sol. La douleur… elle était insoutenable. Jamais elle n’aurait cru cela possible. Même les corrections de son oncle n’atteignaient pas cette douleur intérieure. Elle vit fugitivement Laula et l’un des gardes auprès d’elle. Puis tout devint noir.



Bientôt la fin. J'attend des critiques Bonnes ou mauvaise Wink

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Zaqua
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MessageSujet: Re: Une vie ratée   Lun 13 Mar - 22:40

je préfère cette suite à qu'au premier post.


Bon j'ai rien dit...

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MessageSujet: Re: Une vie ratée   Sam 18 Mar - 4:13

Une jeune angelle touchait par l'histoire perca un peu plus le mystere Syara... une jeune fille blessée.


Vraiment touchante comme histoire, aussi passionnante à lire que déchirante !! ^^


J'attends une suite à parcourir de mil joies !!



Vraiment bien...
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Syara
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MessageSujet: Re: Une vie ratée   Ven 7 Avr - 5:00

Syara reprit conscience. Elle ouvrit instinctivement les yeux. Elle était allongée. Et la pièce où elle était, était très peu éclairée.
Elle tenta de rassembler ses derniers souvenirs. La seule chose dont elle se souvenait exactement était la douleur qu’elle avait ressentie lorsque…
Elle se releva si brusquement que la lame invisible lui reperfora l’abdomen. Elle retomba sur le lit, le souffle coupé.
Elle pleura. Le souvenir de Bastien était revenu, le souvenir de l’annonce… Non ce n’était pas possible. Il ne pouvait pas être… mort.

Lentement Syara se leva. Elle réussit à s’asseoir sur le lit. La douleur devenait de plus en plus supportable. Elle resta là pendant ce qui lui semblait être un éternité, à uniquement verser des larmes silencieusement.

Elle redressa la tête quand elle entendit un bruit dans le couloir. Quelqu'un venait lui rendre visite. Comme elle l’avait deviné la porte s’ouvrit quelques instants plus tard, et Laula entra, avec dans ses bras un plateau. A son visage étonné elle ne s’attendait pas à trouver sa cousine assise ainsi sur le lit. Elle se précipita, posa le plateau et s’approcha.


"Syara ça va ? Question idiote mais rhétorique.
Oui oui… je crois… ça va.
Tu devrais rester coucher. Le médecin est passé et il a dit que tu devais te reposer. Tu sais... le bébé..."

Laula cala un cousin dans le dos de sa cousine et posa le plateau sur ses genoux. Syara dégusta un déjeuné bienvenue pendant que Laula lui racontait les derniers événements.
Elle avait dormi, presque deux jours. Elle eu du mal à l'annoncer mais Syara avait fait une fausse couche, ce qui avait provoqué son malaise. Le plateau que sa cousine avait apporté n’était pas pour elle mais pour Laula qui était chargé de veiller sur elle. Aussi Laula s’absenta pour aller refaire un autre plateau. Syara resta seule pendant quelques minutes puis décida de se lever. La douleur était toujours présente mais suite à de gros effort elle parvint à atteindre la porte. Il fallait qu’elle se rende à la cuisine. Là elle pourrait trouver ce dont elle avait besoin.
Les escaliers furent les pires à franchir mais elle arriva à la cuisine avant que Laula ne remonte.

Lorsqu’elle pénétra dans la cuisine Laula était en train de finir son plateau, lui tournant le dos.
Syara s’installa sur une chaise. La traversée avait été dure. Laula pensant que c’était sa mère qui était entré dans la cuisine poussa un petit cri lorsqu’elle découvrit sa cousine sur la chaise.


"Ma chambre me rend malade." Lâcha-t-elle pour unique explication.

Une fois la petite frayeur passée Laula commença à parler avec sa cousine, puis la raccompagna dans sa chambre.
La journée fut longue pour Syara. Assise dans son lit elle n’avait vu que Laula depuis son réveil. Une bonne chose selon elle.

Le soir venu elle entendit le brouhaha de la grande salle monter. Personne ne vint la chercher pour travailler. Son oncle devait être vert de rage de ne pas avoir Syara à disposition.
Elle s’endormit avant que les premiers clients ne partent.

Lorsqu’elle se réveilla le soleil n'était pas encore levé. Quelqu'un se tenait dans l’encadrement de la porte. Syara se frotta les yeux, la silhouette s’avançait dans la chambre. Puis soudainement une main se plaqua sur sa bouche pour l’empêcher de crier.


"Un mot et je te fait subir le même sort qu’a ce crétin."

L’oncle Léonide se tenait au dessus de sa nièce, prêt, encore une fois, à abuser d’elle. Syara ne se débattit pas. Elle savait ce qu’il fallait qu’elle fasse.
Lorsque son oncle se laissa tomber sur elle, la petite la lame du poignard que Syara tenait contre sa poitrine s’enfonça dans le torse de l’homme. Il cracha un peu de sang qui atterrit sur le visage de la jeune fille et s’écroula sur elle sans un bruit. Il était mort. Elle repoussa le corps et se leva tremblant de la tête aux pieds. Le poignard qu’elle avait pris dans la cuisine le matin même, était toujours fiché dans le torse de son oncle.

Sans plus réfléchir elle descendit les marches à la volée, ignorant la douleur de sa poitrine. Elle ouvrit la porte de la chambre de Bastien, avec un peu de chance, sa tante n’avait pas fait le ménage. Avec un peu de chance…
La chambre avait été nettoyée de fond en comble. Syara était encore une fois la cible de la fortune. Pourtant elle se jeta au pied du lit, tâtonna fébrilement le parquet et trouva ce qu’elle cherchait. L’épée que Bastien avait cachée en cas de danger était toujours là. L’idée qui avait d’abord paru idiote à Syara s’avérait aujourd’hui être son seul espoir.
Elle prit quelques affaires que l’auberge mettait a disposition de ses clients. Une cape et quelques vêtements de rechange feraient l’affaire.
Le plus discrètement possible elle sortit de l’auberge et prit la direction de la sortie de la ville.
Le ciel commença à s’éclaircir seulement après qu’elle fut loin de la ville qu’elle avait quittée.

Durant plusieurs jours elle marcha sans but s’accoutumant à la vie sauvage et surtout à la liberté. Les villes qu’elle évitait dorénavant la rendaient malade. Plus encore que les villes, le contact des hommes lui était insupportable.

Un jour alors qu’elle s’était aventurée dans une forêt, ses yeux furent attirés par un animal blessé. L’oiseau criait soit pour avoir de l’aide, soit pour attirer les prédateurs qui viendraient abréger ses souffrances, mais quoiqu’il en soit, il se calma lorsque Syara le prit dans ses mains pour l’examiner.
Une de ses ailes était cassée. Syara ne connaissait rien en anatomie mais elle savait qu’il fallait qu’elle aide cet oiseau coûte que coûte. Elle pansa l’aile du faucon et entreprit de le nourrir en attendant son rétablissement.

C’est ainsi qu’elle s’installa dans cette forêt pour longtemps. Durant six années elle vécu coupée du monde humain. Apprenant a chasser et a vivre dans une semi solitude. Le faucon s’était rapidement rétabli. Elle avait décidé de le baptiser Seinel et cela ne sembler poser aucun problème a l’oiseau qui l’accompagnait désormais partout

Un soir pourtant Syara sentit que quelque chose d’étrange allait se produire. La forêt était étrangement calme. Les animaux et même les arbres semblaient attendre quelque chose. Cette nuit là Syara resta éveillée. L’attente se faisait de plus en plus pesante. Lorsqu’elle réalisa que la lumière l’entourait cela faisait déjà quelques heures qu’elle était apparue lentement elle avait prit de la puissance pour arriver a éclairer les alentours.
Une fois que Syara se fut aperçue de cette rayonnance tout s’accéléra. La lumière devint éblouissante, les alentour disparurent et la jeune fille se sentit élevée dans les airs.


Va ! Je t’offre la possibilité de faire de grandes choses Syara. Ne me déçoit pas.
En un éclair la lumière avait disparue et Syara était revenue sur la terre ferme.

Quel rêve étrange…

Une douleur dans son dos lui fit prendre conscience du poids qu’elle portait. Lorsqu’elle tourna la tête elle pu voir deux ailes blanches. Ce ne fut qu’a ce moment qu’elle comprit les paroles qui avaient été prononcées.


Elle était devenue un ange.

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