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 Losty

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Paternatus
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MessageSujet: Losty   Sam 4 Sep - 23:06

Ce coup ci je vous direz pas qui c'est, ni quand c'est, ni pourquoi... Lisez vous comprendrez...
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Paternatus
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:07

Auteur: Losty
Date: 21/05/2004 21:51

Torpeur.
*BOM*

Un sursaut, presqu’un spasme.

*BOM BOM*

Plus qu’un spasme ?

*BOM BOM BOM*
Un frémissement.

*BOM BOM BOM BOM*
Un cœur qui bat.

*BOM BOM BOM BOM*
Un souffle qui se glisse entre les lèvres.

*BOM BOM BOM BOM*
Une poitrine qui se soulève.

*BOM BOM BOM BOM*
Des paupières qui s’ouvrent.

*BOM BOM BOM BOM*
Le réveil…
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Paternatus
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:08

Rien d’autre qu’un fond noir parsemé de minuscules lueurs. L’esprit embrumé, cotonneux, l’homme fixe l’immense étendue qui se déroule devant ses yeux, sombre toile calme et imperturbable, silencieuse et inaltérable. Est-ce là le néant ? Le vide absolu ? Alors, pourquoi ces… étoiles ? Et cet avion ?

Avion ?

Les pupilles se fixent sur l’engin volant qui passe parmi les lueurs.

Prise de conscience du monde qui l’entoure.

L’homme se leva, les jambes tremblantes, comme éreinté par une course folle. Il se sentait courbaturé, les muscles douloureux, comme s’il s’était battu. Il essaya de se rappeller ce qui lui était arrivé et qui justifiait cet état physique. Il se rendit alors compte qu’il n’en avait aucune idée… Avec effroi, il se rendit compte qu’il ne se rappellait rien de personnel… Rien qui le concerne directement. Il connaissait sa droite et sa gauche, savait reconnaître une orchidée et était capable de faire fonctionner un ordinateur… Mais il ne parvenait pas à se souvenir de quoi que ce soit qui ait un rapport avec lui.

Pas de souvenir.
Pas de nom.
Pas de mémoire.

Rien…

Il avait beau fouiller son esprit, un voile sombre semblait envelopper sa mémoire et lui dissimuler ses secrets, lui substituer tout ce qui faisait de lui un être vivant. Sa vie passée, son expérience, ses malheurs comme ses moments heureux… Tout cela lui était masqué. Il sentait cet amas de souvenirs en lui, quelque part dans les sombres dédales de son esprit mais il lui était impossible d’y accéder…

Frustration extrême…
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:08

Il s’assit dans un long soupir et regarda autour de lui. Il était sur le toit d’un immeuble en plein cœur de ce qui semblait être Paris. A moins qu’une autre ville possède une Tour Eiffel scintillante… Il n’avait bien évidemment aucune idée de la façon par laquelle il était arrivé sur ce toit. Il regarda en contrebas et vit une ruelle éclairée par les lumières orangées de la capitale française. Il aperçut une échelle de service et descendit prestemment. Ses pas claquèrent sur le trottoir et l’emmenèrent au hasard dans la nuit parisienne.

Il se trouvait non loin de la Tour Eiffel et du Champ de Mars… Il traversa un petit parc que la nuit avait rendu silencieux. Parfois, une vieille femme passait avec son chien en laisse, un couple d’amoureux déambulait main dans la main ou s’embrassait à l’abri des regards sur un banc dans un coin sombre, ou bien encore un policier faisait une ronde avec un de ses collègues, paraissant plus flâner que surveiller.

L’homme continuait d’errer, tentant continuellement de percer le coffre fort qui enfermait sa vie. Toute la nuit, heure après heure, il s’attaquait inlassablement au bunker imprenable de son propre esprit. Mais chaque fois la muraille restait infranchissable, tombeau inviolé et inviolable.

Machinalement, l’homme avait descendu des escaliers et avait débouché sur un quai de métro. Se rendant compte d’où il était en entendant le vacarme de la rame qui arrivait, il leva les yeux et put lire sur un panneau qu’il se trouvait à la station Pyramides de la ligne 14. Sans se poser de question quand à la destination du métro, il monta dans la rame dont les portes s’étaient automatiquement ouvertes à l’arrivée. Il regarda dans le long couloir formé par les wagons qui n’étaient séparés par aucune cloison, les démarcations de l’un à l’autre étant marquées par des immenses gaines de caoutchouc. Les rames étaient quasiment vides. Il s’assit sur un siège peu confortable tout en scrutant les quelques personnes qui avaient pris le métro à cette heure tardive.

La plus proche personne était un jeune homme dont le pantalon tenait par miracle au milieu de son postérieur, dévoilant un superbe caleçon bleu turquoise qui s’exposait aux yeux de tous, pour leur plus grand plaisir. Le maillot qui devait appartenir à une équipe de football que l’homme ne connaissait pas avait connu des jours meilleurs, délavé et déformé qu’il était. La casquette, assortie au caleçon, vissée sur le crâne dans une position qui devait se vouloir esthétique mais qui était plutôt ridicule, et la chaine en or pendant sur le maillot parachevaient l’œuvre de bon goût. Il scrutait sans vergogne une jeune femme assise un peu plus loin.

Cette jeune femme, plus éloignée de l’homme que le jeune « play boy », était concentrée sur un livre. L’homme se rendit compte que malgré la distance, il parvenait à lire le titre du livre : « La ligne noire » de J.C. Grangé. Du coin de l’œil, il regarda la jeune femme rapidement. Ses cheveux chatains, coupés très courts, lui donnaient un petit air de garçon manqué. Mais les lignes fines et délicates de son visage la rendait très séduisante et s’alliait parfaitement à sa coupe de cheveux. Elle portait un léger chemisier blanc et un pull noué autour des épaules. Un pantalon noir, classique et élégant, recouvrait des bottines de cuir.

La dernière personne proche de ce petit groupe était un homme sans âge, petit, chauve, malingre qui tenait devant lui journal, vraisemblablement pour éviter de croiser le regard du jeune footballeur. Le stéréotype typique du cadre faiblard obligé d’affronter la faune souterraine de Paris en pleine nuit et angoissé à l’idée d’une hypothétique agression.

L’homme sans souvenir remarqua alors une nouvelle personne, assise face à lui et qu’il n’avait pas remarqué en entrant… Il se rendit alors compte que c’était son propre reflet qu’il contemplait dans la vitre. Il étudia alors cette silhouette qu’il ne connaissait pas, qu’il ne connaissait plus. Ce qu’il vit en premier : ses yeux vert émeraudes... un vert pur, cristallin... Puis il remarqua sa tignasse ébourrifée, des cheveux d’un noir profond. Son visage était fin, sans aspérité, sans ne serait-ce qu’un début de barbe. Un visage qui n’avait jamais subi aucun outrage… Cela constituait-il un indice sur qui il était ? Un homme assez aisé pour prendre soin de lui peut-être… Mais c’était encore trop vague comme indice.

Mais quand on ne sait rien sur soi, la moindre indication est à retenir.
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:09

Ses pensées furent interrompues par un mouvement à coté de lui. Le jeune homme s’était levé et se dirigeait vers la femme qui restait concentrée sur son livre, feignant d’ignorer celui qui venait de s’asseoir à coté d’elle. Ce dernier passa un bras derrière la tête de la jeune femme, s’appuyant sur son dossier de siège :

- Alors ma belle, on se promène toute seule dans Paris en pleine nuit ? Tu sais, c’est pas très prudent d’nos jours… Qui sait sur qui on peut tomber dans une rue mal éclairée… ou un métro peu fréquentée ?

La jeune femme continuait sa lecture, imperturbable, continuant d’ignorer la petite frappe.

- Hey, tu sais qu’j’te cause la greluche ?

Sur ces derniers mots, il envoya voltiger le livre de la jeune femme qui poussa un petit cri perçant de surprise. Aussitôt l’homme aux yeux bleus se leva, l’adrénaline se déversant dans tout son corps. La petite frappe ne l’avait pas vu se lever, occupé qu’il était à haranguer la pauvre jeune femme. Lui tenant fermement le poignet, il lui crachait au visage :

- Ecoute moi bien p’tite garce, tu vas être gentille et me filer tout ce que t’as avec toi, ton portable, ta thune, tout !

L’homme aux yeux bleus avança, ses pas claquant sur le sol métallique. Il maintenait son équilibre malgré les balancements de la rame qui continuait de filer à travers les tunnels parisiens, indifférente à l’agression qui se déroulait dans ses entrailles. La petite frappe capta alors le reflet de l’homme qui était maintenant debout derrière lui. Il lâcha la femme qui recula, apeurée, et se leva en jetant un regard noir à l’homme :

- Qu’s’tu veux toi ?
- Laisse la tranquille, dit l’homme.
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:09

C’était la première fois qu’il entendait sa voix. Tout du moins, la première fois depuis qu’il avait perdu la mémoire. Il la trouva autoritaire et calme, une voix de quelqu’un qui a eu l’habitude de donner des ordres et d’être écouté. Il trouva qu’une nuance de tristesse se glissait parmi ces tonalités quelque peu militaires. Une nouvelle salve de la petite frappe le tira hors de ses reflexions :

- Non mais t’prends pour qui toi ? Tu veux qu’j’t’éclate ta petite gueule, hein ? C’est ça ?
- Tout ce que je veux, c’est que tu laisses cette femme tranquille.
- Occupe toi d’ton cul, connard !

Le jeune homme lui tourna le dos et avança vers la jeune femme. L’homme lui posa la main sur l’épaule, calmement mais fermement. Le jeune homme, apparemment excédé se retourna et lança son poing vers le visage de l’homme.

Mais le poing ne rencontra que la main de l’homme qui l’arrêta et se referma dessus dans un craquement sonore. Le jeune homme laissa échapper un cri de douleur. L’étau se desserra et il se libéra. Il serrait les dents et dans ses yeux brûlait une fureur qu’il comptait bien calmer en écrasant le visage impassible de cet homme à coups de Nike Air Max et à coups de surin s’il le fallait. Glissant une main dans la poche de son pantalon, il en sortit un canif dont il fit jaillir la lame. L’homme le regardait toujours calmement. Il bondit, lame en avant. L’homme lança le tranchant de sa main sur le poignet de la petite crapule, l’obligeant à lacher le couteau sous la douleur. Par pur réflexe, il balança un coup de poing dans l’estomac du voyou.

C’est là que les choses prirent une tournure anormale.

Le voyou décolla. Littéralement. Il quitta le sol sous la force du coup et fut expédié cinq mètres plus loin dans la rame, atterissant lourdement contre le sol métallique, le choc lui faisant perdre connaissance pour quelques heures. L’homme écarquilla les yeux… Il avait déjà été étonné par ses reflexes et son apparent talent au combat, mais là… ça dépassait l’entendement. Personne n’aurait pu faire voltiger un être humain ainsi grâce à un simple coup de poing. Il regarda sa main et murmura :

- Non… Impossible…

La jeune fille s’approchait de lui, impressionnée mais pas effrayée :

- Et ben… Vous savez vous battre… C’était… impressionant. Merci, ajouta-t-elle, reconnaissante.

L’homme la regarda, toujours hagard. La rame entra dans une nouvelle station et stoppa. La femme se retint à la barre métallique pour ne pas tomber mais l’homme maintint son équilibre sans effort. Les portes s’ouvrirent et aussitôt l’homme jaillit hors de la rame. La femme s’exclama :

- Hey ! Une minute ! Comment vous appellez-vous ?

L’homme s’arrêta et se retourna, un sourire triste sur le visage :

- On va dire que je m’appelle Losty…

La femme eut une moue interrogative devant ce nom peu commun. Elle allait ajouter quelque chose mais les portes du métro se refermèrent dans un tintement sonore, interrompant leur entretien. A travers la vitre, elle articula un mot que l’homme qui se faisait appeler Losty devina sur ses lèvres :

- Merci…
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:10

Il s’extirpa de la bouche de métro, espérant que le vent nocturne serait la claque qui lui remettrait l’esprit en place. Mais si la claque vint, sa mémoire, elle, resta claquemurée dans les tréfonds de son esprit.

Losty, puisque c’était ainsi qu’il s’était baptisé, regardait ses mains, tout en marchant à l’aveuglette dans les rues parisiennes. Qui était-il ? Mais surtout : qu’était-il ? Comment un être humain pouvait-il développer une telle force ? Son cerveau ne cessait de lui envoyer tous les signaux possibles pour démontrer que tout cela était anormal… Il revoyait le voyou s’envoler comme une plume. Une plume qui devait peser dans les soixante-dix kilos. Et qui avait été soufflé par un simple coup de poing.

Pas normal, ça c’était certain.
Hors du commun, c’était plus que sûr.
Pas humain…
Pas… humain…

Ces deux mots lui firent frois dans le dos. Et encore une fois, la question revint à la charge, lancinante et perverse :

Que suis-je ?
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:10

Il s’était finalement arrêté sur un banc, non loin de la rue de Rivoli et de ses arcades éclairées comme un chemin de cuivre et d’or. Le menton posé sur ses poings, il contemplait la ville sans la voir. Il se faisait l’effet d’un voyageur perdu sur une île déserte, sans rien ni personne. Sauf que dans son cas, l’île était son esprit. Et cette île avait sûrement dû abriter une mégalopole avant de devenir déserte d’un claquement de doigts inexplicable.

Losty abandonna pour la soirée l’idée de comprendre ce qu’il était. La réponse à cette question lui semblait pour le moment aussi introuvable qu’inconcevable. Autant s’atteler à l’autre question qui le taraudait et qui était un peu moins inaccessible : qui ?

Par où commencer ?

Il releva la tête et s’étudia lui-même. Un jean noir d’une marque inconnue, une ceinture de même type. Il portait aussi une chemise d’un pourpre sombre boutonné quasiment jusqu’au col et un blouson d’aviateur. Bien maigres indices… Tout ses vêtements étaient de bonne facture sans pour autant être des produits de luxe. Des frusques tout ce qu’il y a de plus banal et de peu révélateur Il doutait que son blouson puisse signifier qu’il était aviateur… Sûrement un simple effet de mode, ou peut-être avait-il une préférence pour ce genre de blouson.

Finissant de s’étudier, il réalisa une chose : il n’avait pas encore pris la peine de fouiller ses propres poches. Il se serait giflé pour avoir oublié ce détail. Il avait peut-être une ou des réponses à portée de main depuis le début de son errance, et il n’avait même pas songé à cette éventualité.

Lentement, appréhendant ce qu’il allait y trouver, il glissa les mains dans les poches de son jean. Les doigts touchèrent le fond de la poche sans rien rencontrer.

Rien…

Ne pas se décourager. Il restait les poches de son blouson. Les mains quittèrent l’étroitesse des poches du jean, sentirent l’air frais de la nuit glisser sur elles puis la chaleur des poches du blouson et, finalement, les coutures du fond de la poche.

Non…

Vides. Pas de portefeuille, pas de carte de visite, pas de répertoire, rien qui ne puisse constituer ne serait-ce qu’un maigre indice…

Une vague de desespoir le submergea. Comment allait-il faire pour reconstituer son passé s’il partait du point zéro ? Peut-être passer une annonce avec sa photo. Ou bien demander conseil à la police. Il s’imaginait tout raconter,son réveil sur le toit, son amnésie, son aventure dans le métro à un inspecteur de police à l’œil torve, la tasse de café à la main et le holster à l’épaule, l’arme à feu lui battant les côtes à chaque mouvement.

Soudain, il arrêta son imagination sur l’image du holster.

Quelque chose contre le flanc...

Il ouvrit son blouson d’un coup sec et glissa sa main à l’intérieur et trouva ce qu’il cherchait : une poche. Sa main se précipita à l’intérieur. Son cœur se mit à battre la chamade lorsque ses doigts effleurèrent du cuir et un objet métallique… Il sortit rapidement la main de son blouson et contempla son butin :

Un portefeuille… et un trousseau de clés…

Il les contempla pendant quelques secondes en silence.

Indices ou pas indices ?
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:11

Losty ouvrit le portefeuille lentement, boite de Pandore qui recelait peut-être la clé de voûte d’une vie et qui se préparait à offrir son effrayant contenu.

La respiration de l’homme s’accéléra. Il devinait plusieurs cartes dans chaque interstice du portefeuille. Il en prit une au hasard. Une carte de crédit au nom de monsieur Bedriot Ian. C’est donc ainsi qu’il s’appellait. Bien, voilà au moins une bonne chose d’acquise. Il n’était plus un inconnu sans nom. Il continua ses investigations et retira une nouvelle carte. Il s’agissait d’une carte d’identité française :

Nom : Bedriot
Prénom : Ian
Sexe : M
Né(e) le : 19.10.1979
A : Cergy Pontoise

Fébrilement, il retourna la carte, à la recherche de l’information la plus capitale, plus que son nom ou son prénom ou bien même son age :

Adresse : 28 rue des Petits Champs

Il avait un chez lui.
Il caressa les clés qu’il tenait dans la main.
Et maintenant il avait un but.
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:11

Le trajet lui prit environ quinze minutes à pied. Il ne souvenait plus de son nom, même s’il le connaissait désormais, mais il n’avait pas oublié le plan de Paris. Il s’orienta sans problème dans les rues, avenues et boulevards parisiens.

Il remonta la rue de Rivoli, suivant le cours de la Seine non loin, entendant vaguement les péniches et bateaux mouches qui naviguaient sur le fleuve. Il finit par arriver au croisement qu’il cherchait et se retrouva face à la longue Avenue de l’Opéra, quasiment silencieuse dans l’aube frémissante. Au loin, à la fin de l’avenue, on pouvait apercevoir le splendide édifice : l’Opéra Garnier. Il remonta l’avenue dans la lumière mourante des lampadaires qui laissait place à la clarté naissante du soleil. A mi-chemin, il bifurqua dans une petite ruelle à droite et se retrouva dans la rue des Petits Champs qu’il remonta d’un pas cadensé, scrutant les alentours à la recherche d’une scène qui lui aurait rappellé quelque chose. Mais rien. C’était comme s’il passait par cette rue pour la première fois… Peut-être était-ce effectivement le cas, il n’aurait pas été foutu d’en être certain. Autour de lui, les nombreux restaurants japonais et autres sushis bars n’éveillaient en lui aucun souvenir. Il ne se souvenait pas être jamais passé devant et encore moins y avoir mangé. Pourtant, il était sensé habiter dans cette rue… au numéro 28…

Il s’arrêta devant une porte en bois massif, lourde, imposante, et trônant sous le numéro 28. Il posa la main dessus et la poussa mais elle resta de marbre…

Etrange pour une porte en bois, songea Ian en souriant.

Il remarqua alors le digicode qui siégait dans le mur à droite de la porte.

Combien y a-t-il de chances qu’un amnésique se souvienne du code pour rentrer chez lui ?
Il tenta un code au hasard. Un voyant rouge lui répondit, visiblement de manière négative. Il en tenta un second qui lui sembla vaguement familier. Encore le voyant rouge. Il soupira. Si près du but et arrêté par la paranoïa des citadins. Quelle tristesse…

Il n’avait plus qu’une chose à faire : attendre qu’un riverain passe et compose le code pour rentrer chez lui. Il changea de trottoir pour sembler moins suspect et s’arrêta devant la vitrine d’un restaurant japonais, faisant semblant d’étudier le prix des menus alors qu’il surveillait la porte dans le reflet de la vitre.

L’attente ne fut pas longue. Un vieil homme s’arrêta devant la porte et composa le code d’entrée. Un voyant vert s’alluma et la porte s’ouvrit dans un déclic. Le vieillard entra et laissa la porte se refermer toute seule. En moins de deux secondes, Ian se retrouva près de la porte. Il n’entra pas tout de suite, ne voulant pas donner l’impression au vieil homme qu’il entrait sans composer le code. Il se contenta de retenir la porte à quelques centimètres de la fermeture.

Puis, estimant qu’il avait attendu suffisemment longtemps, il entra. Les bruits de la rue s’estompèrent tandis que la porte se refermait. Il se trouvait dans un couloir au sol pavé menant à une petite cour intérieure. Sur la droite, deux grandes portes vitrées étaient ouvertes, donnant accès à un grand escalier de marbre. Devant les premières marches, un immense tapis recouvrait le sol, légèrement mité mais encore luxueux. Face à l’escalier, Ian trouva ce qu’il cherchait.

Les boites aux lettres.
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:12

Il ne mit pas longtemps à trouver ce qu’il cherchait :

Bedriot Ian - 2e étage - appartement 833

Il grimpa les escaliers quatre à quatre. Il allait pouvoir en apprendre un peu plus sur lui-même. Avec un peu de chance, il tomberait sur des albums photos, des répertoires téléphoniques, un ordinateur avec des informations… Il pourrait peut-être même deviner quel était son métier. Tout cela l’aiderait à se rappeller.

Il arriva devant la porte, ses tempes bourdonnant d’excitation et de tension. Il sortit son trousseau de clés. Il y avait trois clés, dont une petite qui devait certainement être celle de la boite aux lettres. Ian essaya la première clé dans la serrure. Ce n’était pas la bonne. La seconde provoqua le déclic et libéra la chambranle.

Ian poussa la porte qui grinça en s’ouvrant lentement. Il entra dans l’appartement.

Dans son appartement.
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:12

L’appartement était sombre. Il tatonna quelques secondes et trouva un interrupteur qui illumina l’entrée.

Un premier mot lui vint à l’esprit lorsqu’il entra :

Confortable.

Un court couloir débouchait sur un immense salon avec cuisine attenante. La cuisine, américaine, était rutilante, étincelante de propreté. Tout était rangé. Les couteaux dans leur socle en bois, les tasses, verres et autres vaisselles étaient impeccablement ordonné dans les placards vitrés, les épices étiquettées et disposés sur un présentoir. Pas un grain de poussière. Ça ne devait pas faire longtemps qu’il avait quitté l’appartement…

Le salon était spacieux et agréable. Ian appuya sur un interrupteur qui alluma toutes les lampes du salon. Deux halogènes éclairaient brillemment les murs blancs, donnant une clarté presqu’aveuglante à la pièce et une petite lampe à la lueur orangée brillait près du grand canapé de cuir noir. Ian remarqua que tout dans le salon répondait à ce critère monochrome. Noir ou blanc. Peu ou pas de nuances de couleurs. Tout les murs et sols étaient blancs tandis que tous les meubles, allant de la table basse au meuble télé, étaient noirs. Les murs étaient nus, hormis un seul qui supportait une peinture représentant une scène peu ordinaire. Un chien hurlait à la mort sur un tertre où était fichée une épée, telle une croix sur une tombe. Ian aurait presque cru voir une larme perler au coin de l’œil du chien.

Ian regarda la pièce… Et un second mot lui vint à l’esprit :

Factice.

Il ne comprenait pas pourquoi, mais tout cela lui semblait faux. Comme si personne n’avait jamais réellement vécu ici, qu’il s’agissait d’une simple maison témoin destinée à de futurs acheteurs désirant voir l’allure qu’aurait leur éventuel futur appartement une fois meublé. Il n’y avait rien de personnel, pas de bibelots souvenirs, pas de photos, pas de cassettes videos près du magnétoscope, pas de magazines sur la table basse…

Une façade… Rien qu’une façade…

Il secoua la tête. Non, il délirait. Il était peut-être tout simplement de nature simple. Peut-être n’aimait-il pas s’encombrer de choses inutiles. Ou bien, peut-être n’était-il ici que de passage. Il pouvait y avoir milles et une explications, chacune plus plausible que la première qui lui était venue à l’esprit.

Alors pourquoi était-ce cette dernière qui tournait en boucle dans sa tête losqu’il reprit la visite de l’appartement ?
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:13

Il revint dans le couloir de l’entrée et ouvrit une porte qu’il avait délaissé en arrivant. Un nouveau couloir, légèrement plus long, s’offrait à lui. Il vit trois portes, les deux premières du coté droit, la troisième au fond du couloir. Il s’avança, ses pas foulant la moquette bleue marine quasiment neuve. Il ouvrit la première porte et la lumière du couloir penetra faiblement dans la pièce. Il vit qu’il s’agissait de la salle de bain, grande, comprenant une baignoire, des sanitaires et un grand lavabo entouré de marbre. Luxueuse mais inintéressante pour quiconque est à la recherche de sa mémoire.

Il ouvrit la seconde porte et tomba sur une chambre à coucher. Un superbe lit aux montants en bois de chêne trônait au milieu de la pièce. Il était recouvert d’une couverture d’un rouge sombre qui s’insérait bien dans les teints bordeaux de la pièce, teintes allant de la moquette au papier peint. Une armoire occupait le mur du fond. Ian alla l’ouvrir. Il découvrit au niveau de la penderie un ensemble de chemises, chemisettes, costumes et pantalons impeccablement repassés… et semblant incroyablement neufs. Il jeta un œil près du lit, sur la table de chevet. Pas de photos là non plus. Un simple réveil faisait luire ses chiffres rouges. Ian ouvrit le tiroir de la table de nuit. Il n’y trouva rien hormis un exemplaire de poche du Nouveau Testament qu’il laissa de coté. Il sortit de cette pièce qui ne lui avait rien appris de plus et se dirigea vers la porte du fond qu’il ouvrit dans la foulée.

Un bureau. Cette pièce était un bureau. Tout du moins, ça s’en rapprochait. Un ordinateur était installé sur une table, l’enchevêtrement de cables se tortillant contre le mur. Des étagères supportaient divers livres, allant d’ouvrages théologiques à des ouvrages sur la guerre en passant par les traités traitant du surnaturel. Ian se dit qu’il devait vraiment avoir une lecture hétéroclite. Sur certaines étagères, des CDs, vierges pour la plupart, trainaient. Ici aussi, aucune trace de poussière.

Ian alluma l’ordinateur, voulant savoir ce qu’il renfermait au sein de son disque dur. Tandis que le processeur se mettait à ronronner, il promena son regard autour de lui… Il remarqua dans un coin une valise en métal qui semblait faite pour résister aux chocs. Il allait se diriger vers elle lorsqu’une mélodie se fit entendre, indiquant que l’ordinateur était prêt à être utilisé. Ian se retourna vers l’écran de l’ordinateur et sentit son desespoir grandir en lisant les quelques mots qui lui faisaient face :

Veuillez entrer votre mot de passe
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:13

Le curseur clignotait, aussi régulier qu’un métronome, attendant le mot de passe qui déverrouillerait l’ordinateur.

Bien évidemment, Ian se souvenait aussi bien de ce code-ci que du code de sa porte d’entrée… Seulement, ici, il ne pourrait attendre personne pour taper le code à sa place… Il décida de taper des codes au hasard. Il commença par son nom : Bedriot.

--- Access denied ---

Apparemment, ce n’était pas le bon. Il tenta son prénom : Ian.

--- Access denied ---

Si son sens de l’observation ne le trompait pas, ce n’était toujours pas le bon. Il tenta alors plusieurs combinaisons : nom et prénom, date de naissance, adresse, date de naissance à l’envers… Le résultat était toujours le même :

--- Access denied ---

Il se renfonça dans le large fauteuil qui faisait face à l’ordinateur et réfléchit… Qu’avait-il donc bien pu utiliser comme mot de passe ? Il devait soit se rappeler, soit le deviner. Le premier cas étant plutôt mal engagé si on considérait qu’il ne connaissait sa date de naissance que grâce à la carte d’identité qu’il avait dans son portefeuille. Ne lui restait donc plus que la deuxième solution.

Il repensa à l’appartement… Rien de personnel, rien qui puisse lui donner une quelconque indication.

Sauf une chose.
Le tableau.

Il inspira et replaça ses mains sur le clavier. Lentement, lettre après lettre et consciencieusement, il tapa :

Chien

--- Access denied ---

- Raaaah !

Ian donna un coup sur le clavier, de rage…

--- Access denied ---

Il aurait juré que l’ordinateur se moquait de lui…

- Mon p’tit père, si tu crois que c’est toi qui va gagner, tu te fourres la puce dans le ventilo jusqu’à la carte mère…

Il enchaîna plusieurs possibilités de mots de passe liés au tableau : tertre ; croix ; épée ; tombe ; larme.

Aucun ne fonctionna… Ian abandonna. Le code pouvait être n’importe quoi… La date de naissance de sa mère, le prénom de sa première petite amie ou encore le nom de son premier poisson rouge qui serait mort noyé, qu’en savait-il ?

Il resta quelques minutes à fixer l’écran narquois… Puis il se rappela la mallette dans un coin de la pièce. Autant abandonner la piste de l’ordinateur pour le moment. Il alla prendre la mallette et, repoussant le clavier, la déposa sur la table de l’ordinateur. La serrure à code n’était pas fermée et Ian pu l’ouvrir sans problème.

Ses yeux s’écarquillèrent devant le contenu de la mallette. Il y plongea la main et en ressortit une douzaine de petits carnets…

Des passeports…

Il en ouvrit plusieurs et son cœur s’accéléra encore un peu.

Sur chaque passeport il y avait sa photo.
Mais sur chaque passeport, le nom était différent.

Apparemment, il ne s’appelait pas forcément Ian…
Losty était de retour après une trop courte absence.

- Merde… Qui suis-je ?
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:14

Losty, puisqu’il y avait peu de chances qu’il soit réellement Ian Bedriot, contemplait les différents passeports sous ses yeux. Rien que pour la nationalité française, il y en avait trois différents : Budin Idris, Idrain Benoit, Bizrian Ivan…

Il y en avait aussi de nationalité américaine, espagnole, anglaise, allemande, etc… Plus d’une dizaine de pays différents… Avec parfois plusieurs passeports pour le même pays.

Il regarda dans la mallette et remarqua d’autres papiers d’identité… Encore trois cartes d’identités de la République française mais aussi des ID Cards américaines ou autres…

En tout et pour tout, pas loin de vingtaine d’identités différentes étaient regroupées dans la mallette.

Milles et une pensées tournoyaient dans la tête de Losty. De nouveau les mêmes questions, encore plus cinglantes, encore plus douloureuses :

Qui ?
Quoi ?

Il avait eu raison en se promenant dans l’appartement. Rien n’était vrai. Tout ça n’était qu’un décor de théâtre, une immonde façade qui n’était faite que pour donner le change. Il n’y avait rien derrière… Pas de souvenir, pas d’indice… Pas de vie.

Dans un hurlement de rage, il se leva de son fauteuil et envoya la mallette et son contenu de vies factices contre le mur :

- Mais je suis qui à la fin ?!!

Son souffle était haletant, ses tempes bourdonnaient tandis qu’il se tenait debout, au milieu de la pièce. Il regardait sans mot dire les faux papiers qui s’étalaient au pied du mur. Il fixait les sans les voir les photos des papiers…

Soudain, il se baissa et prit le premier passeport qui lui venait sous la main et regarda la photo. Un détail lui avait échappé. Il scruta intensément la photo : nez aquilin, menton fin, cheveux noirs, yeux bleus…

Il prit un autre passeport, et vit le même visage, les mêmes cheveux et surtout : la même couleur d’yeux.

- Qu’est ce que… ?

Il se leva et se précipita dans la salle de bain. Il alluma la pièce d’un rapide coup de coude sur l’interrupteur et se précipita face au miroir. Il murmura :

- Verts…

Ses yeux à lui étaient verts… alors pourquoi étaient-ils bleus sur chaque photo ?
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:16

Des lentilles de couleur ? Pour brouiller les pistes ? Non, ça ne rimait à rien… Quitte à changer la couleur de ses yeux sur les photos, autant utiliser plusieurs couleurs différentes. Or, sur chacune des photos il avait les yeux bleus. Sur aucune ils n’étaient verts, marrons ou noirs…

Il en était convaincu, il s’agissait de ses propres yeux…

Il regardait ses yeux verts dans le miroir, cherchant une trace indiquant qu’il portait des lentilles de couleur… Mais rien. Il posa un doigt sur son œil et ne réussit qu’à se faire mal et à s’irriter l’œil. Il poussa un long soupir et dit :

- Je reprends… Sur ces photos, mes yeux sont bleus… Mais maintenant, ils sont verts… Dans les deux cas, il est quasiment certain que ce sont mes véritables yeux… On ajoute à ça le fait que je dispose d’une quantité astronomique d’identités différentes, qu’apparemment je suis doté d’une force peu commune et que par dessus le tout, je n’ai pas le moindre début d’explication à propos de tout ça puisque je suis amnésique…

Il eut un petit rire nerveux.

- Héhé… Normal quoi… Assez banal comme situation…

Il se regardait dans le miroir, étudiant ses traits comme s’ils recelaient en eux la solution à toute cette histoire… Son regard devint fixe, perdu… De longues secondes s’écoulèrent où le reflet et l’homme se contemplèrent en silence.

Soudain, le visage dans le miroir se modifia… Il commença à trembler et lentement les iris changèrent de couleur, passant du vert émeraude au bleu saphir.




Ses cheveux s’ébouriffèrent et prirent des teintes anormales… Sans s’en être rendu compte, Losty s’était mis à respirer rapidement, son souffle haletant laissant sur le miroir des auréoles de buées qui s’estompaient aussitôt. Son esprit était perdu dans un tourbillon de frissons, de peurs et d’incompréhension. Violemment, comme dans un spasme, il plaqua sa main contre le miroir, laissant une fêlure sur le verre. Aussitôt, l’illusion, l’hallucination, ou quoi que ça ait pu être, cessa, ne laissant que le véritable visage de Losty dans le miroir, en sueur et haletant.

Encore un mystère.
Un de trop.

- MERDE !

Losty frappa du poing droit le miroir, l’éclatant en morceaux coupants. Le poing gauche suivit la route de son homologue et frappa aussi le miroir. Encore et encore les poings martelèrent le miroir en morceau, se meurtrissant un peu plus à chaque fois, le sang giclant sur les morceaux de verre encore accrochés. Les morceaux de verre se brisaient encore un peu plus en tombant au sol, provoquant un tintamarre insupportable.

Après une minute entière de martèlement frénétique, Losty se laissa glisser au pied du lavabo, dos contre le socle de marbre, laissant la froideur de la pierre calmer ses ardeurs. Il regarda ses mains sanguinolentes, les chairs profondément entaillées. Et sous ses yeux ébahis, il vit les plaies se refermer lentement, les lèvres des coupures se rapprochant et se ressoudant, interrompant le flot d’hémoglobine qui gouttait sur le sol carrelé de la salle de bain. En quelques minutes, les blessures avaient disparues… Les seules preuves de son accès de rage étaient le miroir brisé et les gouttes de sang qui avaient giclé autour du lavabo.

Les lèvres frémissant à peine, il murmura une expression qu’il ne comprenait pas :

- Regénération spontanée…

Il cala sa tête contre le marbre froid et leva les yeux au plafond.

- Putain… ‘faut que j’aille prendre l’air.
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:16

Une dizaine de minutes plus tard, Losty arpentait les rues parisiennes ensoleillées et bondées. Il se laissait submerger par la marée humaine. Une âme errant parmi tant d’autres, perdue dans la nuée bruyante et assourdissante, dans ce cœur plein de vies avec ses illusions et ses désillusions. Ici, il n’était qu’une partie d’un tout. Parmi ces hommes et femmes se rendant à leur travail, il n’était qu’un anonyme de plus. Ici, parmi tout ces visages fermés à l’identique, maussades à l’idée d’aller travailler, son visage à lui, ce visage qu’il ne reconnaissait pas, gagnait en normalité… Dans la banalité ambiante, il espérait lui aussi devenir aussi banal que les autres.

Ses pas se firent plus hésitants, ses jambes plus flageollantes… Sa vue se brouillait petit à petit, rendant la foule de plue en plue floue autour de lui.

La fatigue l’assaillit sans crier gare… Il manqua de s’effondrer plusieurs fois en tentant de rentrer chez lui. Il se demandait depuis combien de temps il n’avait pas fermé l’œil. Il se rappella alors que, justement, il lui était impossible de se rappeller la dernière fois où il avait dormi… Cela pouvait remonter à juste avant son « réveil » ou bien à plusieurs jours auparavant, il n’aurait pas été capable de le dire.

Il revint tant bien que mal à chez lui, composa le code de la porte d’entrée et monta les marches jusqu’à son appartement. Fatigué, épuisé autant physiquement que psychologiquement, il tomba lourdement sur le lit et s’endormit aussitôt.

Il sombra dans de bien étranges rêves sans s’être rendu compte qu’il avait lui-même composé le code d’entrée de son immeuble…
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:16

Une immense arêne. Immense et vide. Il le sait, ils ne sont que deux dans cet impressionant Colisée. Ils se font face, reprenant leur souffle. Ils sont tous les deux conscients que le duel se joue maintenant. L’issue du combat est proche… Qui des deux sera vaincu ?

De nombreuses plaies strient le corps de son adversaire et sa tunique est imbibée de sang. Du peu qu’il puisse en voir, il est dans le même état. Le dernier assaut sera final. Chacun d’eux serre un peu plus fort son épée, réaffermissant sa prise. Les genoux fléchissent doucement, les muscles se tendent, les ailes blanches s’ouvrent légèrement.

L’un des deux bouge en premier… Lequel ? Impossible à savoir car le second bouge dans le millième de seconde qui suit, donnant l’impression qu’ils se sont élancés en même temps. Son adversaire lève bien haut son épée et l’abat vers lui dans un arc de cercle si rapide qu’il ne voit qu’un simple arc de lumière.

Mais alors que l’épée allait traverser ses chairs, un tintemment métallique résonne et se répercute dans toute l’arêne. Il a bloqué la lame de son adversaire avec la sienne. Ce dernier a à peine le temps d’écarquiller les yeux que la lame fuse vers lui et le traverse de part en part… Le vaincu a un hoquet de douleur et du sang ruisselle entre ses lèvres. Un fin sourire apparaît sur son visage et il dit d’une voix rauque :


- T’as gagné… officier…
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:18

La traque.
Le traître est non loin. Il le sait, il le sent. Celui qui a défié les lois, celui qui a défié ses supérieurs, celui qui a défié l’autorité divine.

Autour de lui, ses semblables, vaquant à leurs occupations. Et lui fouille la foule du regard, recherchant sa cible. Jugée coupable, elle doit expier ses fautes désormais. Et l’expiation dans ce monde passe par l’exécution. Il a été enquêteur et juge dans cette affaire. Il doit maintenant être le bourreau.

Voilà maintenant plusieurs jours qu’il suit sa trace. Il a réussi à le blesser à plusieurs reprises, lui-même a été blessé. Mais l’animal traqué a reculé et a fuit dans l’ombre. Il ne lui reste plus qu’à mourir avec honneur.

Et c’est ce qu’il est en train de faire. Il se tient là, debout, face à lui au milieu de la foule.


- C’est ma tête que tu veux ? Viens la prendre… Je vendrais chèrement cette vie. Allons, viens.. Toi et moi, un contre un.
- Ainsi soit-il…

Une voix calme et assurée. Il s’avance vers le futur exécuté, acceptant le duel.

Mais il voit une silhouette passer silencieusement derrière le traître. S’arrêtant, toujours en silence, elle lui tape sur l’épaule. Ce dernier se retourne, étonné de cette présence et n’a pas le temps de comprendre ce qui se passe. Par quatre fois, une épée laboure ses chairs. Le tout a duré moins d’une seconde. Déjà blessé, le traître s’effondre. Il est mort avant d’avoir touché le sol. Justice a été rendu…

Ce qui n’empêche sa fureur d’éclater envers celui qui a éliminé le traître. A l’orée de sa vie, le guerrier solitaire, l’as de cœur qui deviendra une grande figure dans les temps à venir, a pensé bien faire en aidant le guerrier. Il ne s’est pas douté que le duel était entre les deux hommes, et entre eux seuls…

Il pousse un long soupir…
La jeunesse…
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:21

Une course effrénée dans le crépuscule. Il court à s’en faire exploser les poumons…

Enfin, il arrive sur place… Le monticule de terre recouvre déjà le corps de celui qui avait été leur maitre… Son épée est fichée dans le sol, pierre tombale à l’épitaphe éloquent…

Ici, un guerrier est mort. Et c’est ici que ses disciples viennent le pleurer. Leur mentor est tombé en se battant comme un brave. Dieu l’accueillera à sa droite, à la place des Justes.

Le soleil mourant éclaire d’un de ses derniers rayons l’endroit où repose le Rédempteur, la lumière ricochant contre la lame de l’épée.

Le bras droit du Rédempteur est là. Il a renoncé à sa forme humaine ce soir…

Pour rendre hommage au premier des Loups, il a pris la forme d’un loup…

Le Vieux Loup Solitaire lève la tête et hurle à la mort, une plainte longue, lugubre et empreinte de tristesse et de desespoir…

Quelque chose brille au coin de l’œil du loup, frappé par un des derniers rayons solaires…

Etrange…

On dirait une larme…


Losty se réveilla en sursaut, une sueur froide lui coulant dans le dos… Son cœur battait à tout rompre. Il bondit hors du lit et courut dans la salle à manger. Là, il s’arrêta devant le tableau.

- Pas un chien…

Il caressa la peinture.


- Un loup…
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:23

Losty se précipita dans le bureau et donna un coup sur la souris de l’ordinateur. Celui-ci sortit alors de sa mise en veille et présenta de nouveau sa fenêtre demandant un mot de passe. Losty s’assit dans le fauteuil de cuir et tapa lentement sur le clavier les quatres lettres :

L
O
U
P

Loup…

--- Access granted ---

- Oui !

Losty allait enfin pouvoir fouiller l’ordinateur ! Il allait sûrement pouvoir trouver des indices qui lui diraient qui il était… Des factures, des mails, des dossiers… Oui, il allait enfin trouver ce qu’il cherchait.

L’ordinateur vombrissait en accédant au systeme d’exploitation. Il arriva enfin sur l’écran principal.

Losty eut une première surprise. Le bureau était vide, hormis un seul et unique fichier. Il cliqua sur « Démarrer », puis « Programmes ».

Là, le desespoir le submergea de nouveau.
Vide.
Aucun fichier, aucun logiciel.
Non, c’était impossible…

Il ouvrit le « Poste de Travail » d’un double clic rageur.
Hormis les fichiers systeme, il n’y avait rien.

Rien.
De nouveau le néant.
Ou presque.

Losty regarda l’unique fichier sur le bureau, intitulé :

« Ageha.jpg »

Une image ?
Il double-cliqua dessus.
L’image apparut. Il s’agissait d’une photo… On y voyait une petite fille, peut-être quatre ou cinq ans, rire aux éclats en regardant l’objectif. Sa longue chevelure noire encadrait deux yeux saphirs.

- Ageha ?
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:30

Cliquez sur le lien avant de lire...Trés important : Pour l'ambiance


Plusieurs heures plus tard.

Losty se trouvait allongé sur le toit d’un haut immeuble parisien. Du haut du vingt-quatrième étage, on se sentait plus proche de la voûte celeste. Son regard errait sur les étoiles immobiles et luisantes. Voilà des choses fixes et quasiment intangibles. On avait contemplé ces étoiles il y a des dizaines, des centaines d’années. Et on les contemplerait encore pendant des dizaines, des centaines, voir des milliers d’années…

Tout son contraire.

Lui n’était plus rien. Une ombre de lui-même, un ersatz de vie… Son existence ne semblait être qu’un immense désert d’où ne surgissaient que deux oasis : le tableau et cette petite fille.

Les deux maigres indices, certes avec les rêves étranges, dont il disposait pour reconstituer le puzzle de son passé. Mais le puzzle semblait être constitué de cinq cents pièces, et les deux seules pièces qu’il avait en main semblaient bien maigres pour découvrir le paysage caché du puzzle… Il ne savait même pas qui était la petite fille…

Il poussa un long soupir et se rassit au bord du toit, laissant ses yeux trainer sur le monde qui s’étendait sous ses pieds… Les rues étaient agitées par une marée de voitures dont les lumières traçaient de longues bandes rouges ou blanches dans la nuit.

Losty pouvait apercevoir certains toits d’immeubles plus bas que le sien. Sur l’un, une piscine éclairée, et apparemment chauffée, accueillait plusieurs créatures au corps peu vêtu… Sur un autre, un couple se disputait assez violemment, tandis que sur un autre…

Losty revint sur le couple. Près de huit étages plus bas, une femme à la chevelure rousse et un homme aux cheveux blancs hurlaient tous les deux… Soudain l’homme se jeta sur la femme et la fit tomber à la renverse. Il brandit un poing au dessus de lui et Losty vit l’éclat d’une lame briller à la lueur de la lune. D’un bond il se retrouva sur ses pieds, l’adrénaline se deversant à tout vitesse dans ses veines. D’un coup d’œil, sans s’en rendre compte, il estima la distance.

Environ huit mètres en longueur…
Mais pas loin de dix-huit mètres en hauteur.

Il ne réfléchit même pas et bondit. L’air lui fouetta le visage pendant quelques secondes puis il atterrit brutalement sur le sol, non loin du couple. Il roula et s’arrêta rapidement. Il releva la tête et la rabaissa aussitôt, l’homme, catapulté dans les airs, manquant de le percuter. Il vit les jambes tendues de la femme et comprit que c’est elle qui venait de le propulser.

- Tiens, un camarade de combat ? dit-elle dans un sourire.
- Besoin d’aide ? dit Losty.
- Bof… J’me débrouille comme une grande… Tiens, on se connaitrait pas par hasard ?

Le regard interrogateur qu’elle lança à Losty fut interrompu par l’homme qui revenait à la charge, pointant son poignard vers la jeune femme. Deux éclats lumineux jaillirent dans la nuit. La lame du démon venait d’être bloquée au sol par une épée dont la lame semblait avoir été taillée dans le verre. Losty regarda l’épée, ébahi. C’est lui qui la tenait…

C’est lui qui venait de la faire apparaître.

Il jeta un œil à la femme. Elle aussi tenait maintenant une épée entre ses mains… Elle ne semblait pas penser que faire apparaître une épée comme par magie était bien impressionnant… Peut-être parce qu’elle venait elle-même de le faire. Losty écarquilla encore un petit peu plus les yeux en voyant la physionomie du visage de l’homme changer. Ses pupilles devinrent aussi fines que celles d’un félin, ses canines poussèrent un peu et deux hideuses cornes venaient d’apparaître sur son front.

Démon ! pensa-t-il, sans comprendre pourquoi.

La femme ne semblait pas impressionnée et lui envoya son poing dans la figure dans un craquement sonore. Le démon tomba sur le dos, surpris par le coup. La jeune fille fit tournoyer son épée, et la prit entre ses deux mains, pointe vers le bas. Elle s’agenouilla en plantant l’épée dans l’homme qui aussitôt disparut dans une fumée aux relents de souffre.

- Eh ben… En voilà un qui aura fait son difficile…

Elle se releva, en époussetant son pantalon. Elle leva les yeux vers Losty et dit d’une voix amicale :

- Merci du coup de main…

Ses yeux tombèrent sur l’épée que Losty tenait toujours en main. Elle fronça les sourcils et plantant son regard dans celui de Losty et dit d’une voix qui avait perdu toute intonation amicale :

- Où as-tu eu ça ? Cette épée… Qui te l’a donnée ?
- P… Pourquoi ? Que… ?
- Elle appartenait à mon chef… Où l’as tu prise ?


Dernière édition par le Sam 4 Sep - 23:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:31

- Qu… Quoi ? balbutia-t-il.
- Cette épée était celle d’un ange qui a disparu de nos jours… Où l’as tu volée ?

Elle darda un regard inquisiteur sur Losty et haussa un sourcil :

- On s’est déjà vus, n’est ce pas ? Ton visage m’est étrangement familier… Mais impossible de savoir pourquoi… Il y a quelque chose qui cloche…

Mais Losty ne l’écoutait déjà plus. La regardant avec des yeux ronds il parvint à articuler :

- Un… ange ?
- Oui, un ange ! Comme moi, comme toi !
- Comme moi ?! Mais… non… je ne suis pas…
- Un ange ? Et comment as-tu fait apparaître cette épée ? Comment as-tu pu arriver sur ce toit comme par enchantement ?
- J’ai… simplement… sauté du toit voisin…

La jeune femme regarda le toit voisin que pointait du doigt Losty et eut un petit rire sec :

- « Simplement » ? Ce toit est à vingt mètres de hauteur…
- Non… Impossible… je ne suis pas…

Il reculait imperceptiblement, une expression d’effroi sur le visage.

- Si… Possible… T’es un ange, c’est certain… Mais t’as paumé ta mémoire ou quoi ? Souviens-toi, la guerre celeste, les démons, les batailles… T’es un ange !

Losty continuait de reculer en regardant la jeune femme, secouant la tête en signe de dénégation. Non, tout cela n’était que folie… Cette femme délirait…

Et pourtant… Il avait lui-même compris qu’il n’était pas humain. Alors il était donc un ange ? Etait-ce ça, la vérité ? Son identité ?

La femme continuait de le regarder, semblant faire fonctionner ses méninges à toutes vitesses :

- Ton visage…
- Mon visage ?
- Je le connais… On s’est déjà rencontrés, j’en suis certaine…

Soudain, un éclair de douleur jaillit entre ses tempes. Il poussa un cri en portant les mains à son visage et ferma les yeux… Lorsqu’il les rouvrit, il vit toujours la jeune femme… Mais il vit aussi un double d’elle, dans un paysage qui n’était pas celui du toit…

La terre était sombre et malodorante et une sorte de nuit perpétuelle entourait les alentours… La jeune femme était là, semblant tenir quelqu’un dans ses bras… Puis une immense lumière jaillit et aveugla Losty… Se protégeant les yeux, il recula…

Son pied glissa dans le vide… Le bord du toit était arrivé plus vite que prévu…

Losty chuta dans le vide. Sa bouche articula en silence :

- Ro… Row…

Elle tendit la main pour le retenir mais il était trop tard… Losty venait de prendre un ticket pour une chute d’une vingtaine d’étages… Mais à en juger par la douleur qui lui vrillait le crâne, il serait mort avant des suites d’un anévrisme…

Un voile noir lui masqua les fenêtres qui défilaient devant ses yeux, et il s’évanouit.
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:37

Idem que ci dessus pour ci dessous...

Important la chanson

Quelque part, quelqu’un égrénait des notes de musique… Tout était calme, et seule la musique venait percer le silence, comme des ondes sur un lac placide…

Une voix jaillit alors, calme, pure… Et Losty, qui se sentait flotter dans les ténêbres écouta la chanson en silence :

Whenever sang my songs
On the stage, on my own
Whenever said my words
Wishing they would be heard
I saw you smiling at me
Was it real or just my fantasy
You'd always be there in the corner
Of this tiny little bar

My last night here for you
Same old songs, just once more
My last night here with you?
Maybe yes, maybe no
I kind of liked it your way
How you shyly placed your eyes on me

Oh, did you ever know?
That I had mine on you

Darling, so there you are
With that look on your face
As if you're never hurt
As if you're never down
Shall I be the one for you
Who pinches you softly but sure
If frown is shown then
I will know that you are no dreamer

So let me come to you
Close as I wanted to be
Close enough for me
To feel your heart beating fast
And stay there as I whisper

How I loved your peaceful eyes on me
Did you ever know
That I had mine on you

Darling, so share with me
Your love if you have enough
Your tears if your're holding back
Or pain if that's what it is
How can I let you know
I'm more than the dress and the voice
Just reach me out then
You will know that you're not dreaming

Darling, so there you are
With that look on your face
As if you're never hurt
As if you're never down
Shall I be the one for you
Who pinches you softly but sure
If frown is shown then
I will know that you are no dreamer

Losty ouvrit les yeux à la fin de la chanson… Face à lui se tenait un homme. Il portait une tunique étincelante, blanche comme une lumière d’étoile. Ses cheveux en bataille avaient des reflets bleutés et ses yeux azurs fixaient Losty…

Il souriait derrière le voile qui lui masquait le bas du visage
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MessageSujet: Re: Losty   Sam 4 Sep - 23:38

- Qui es-tu ? demanda Losty.
- Pour l’instant, un souvenir…

Sa voix était éthérée, comme provenant d’un songe lointain dont on se souvient vaguement au petit matin mais qui vous a laissé une trace imperissable.

- Un souvenir ?
- Oui… N’est-ce pas ce que tu recherchais ? Tes souvenirs ?
- Si… mais… Je ne comprends pas…

L’homme masqué eut un petit rire.

- Tu vas bientôt comprendre.

Il claqua des doigts et fit apparaître une image… Comme un trou dans l’air, une sorte de hublot donnant sur un autre monde. On y voyait un vieil homme que la sagesse semblait emplir. L’homme masqué dit :

- Belgarath…

Nouveau claquement de doigts. Une petite foule apparut… Un colosse torse nu, un fin jeune homme avec un katana et tant d’autres…

- La Dark Légion…

Claquement de doigts. Une troupe… Une dizaines d’êtres ailés, des anges, qui semblaient regarder quelqu’un, attendant des ordres.

- Les Rédempteurs.

Claquement de doigts. Un homme qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, hormis que ses yeux étaient d’un bleu cristallin.

- Benjamin…

Une femme qui pleure sur une tombe, une rose bleue entre les mains :

- Sandra…

Une photo d’une enfant :

- Ageha…

Une ange à la chevelure de feu qui pleure dans la nuit, tenant une rose diaphane entre ses mains. Cette fois-ci, ce fut Losty qui répondit :

- Rowan…
- Oui…
- Pourquoi… est-ce que je connais son nom ?
- Parce que tu la connais, elle. Tout comme tu connais les autres.
- Mais alors… Pourquoi est-ce la seule dont je me souvienne ?!

L’homme masqué eut un triste haussement d’épaule et un voile fugitif passa devant ses yeux :

- Peut-être… parce qu’elle a été là jusqu’au bout… jusqu’à la fin… Peut-être parce qu’elle t’as libéré de ton passé ? Peut-être parce qu’elle t’as touché… Je n’en sais pas plus que toi… Normal tu me diras…
- Pourquoi normal ?

De nouveau il eut un petit rire. Il s’approcha de Losty sans ajouter un mot, lui prit la tête entre les mains et colla son front au sien.

- Il est temps de sortir des méandres du temps mon ami… Il est temps de reprendre ta place.

Et ce fut la vague de douleur la plus forte que Losty ait jamais ressenti… Il le savait, même dans les parties cachées de sa vie il n’avait ressenti une telle douleur. Une souffrance brûlante et vive comme un fouet, une souffrance qu’on ne peut oublier… Et parmi la vague de douleur, vint la vague de souvenirs.
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Losty
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